8 Mai 2017
18 h 15
Entrée libre

Prof. Dr. Margarete Zimmermann : La „contemporanéité“ de la littérature française

De Margarete Zimmermann
Institut français Bonn
Adenauerallee 35
53113 Bonn
8 Mai 2017
18 h 15
Entrée libre

Cette année la France est  à l'honneur au salon du livre de Francfort. À cette occasion, l'Institut français et l'Institut de romanistique de l'Université de Bonn organisent un cycle de conférences littéraires dédié à la thématique suivante : « À quoi bon des poètes en temps de détresse ? Littérature et poésie à l'ère post-humaine ». 

La littérature française contemporaine – il faut entendre par là une littérature qui n’est encore ni étiquetée, ni canonisée, toujours en mouvement, la « littérature de l’extrême contemporain » — est aujourd’hui l’une des plus diversifiée et vivante d’Europe. Cette littérature réagit comme un sismographe particulièrement sensible aux ruptures et rejets actuels, aux peurs collectives et à l’échec des utopies. Les voix fort variées portant cette littérature évoquent des conditions de vie précaires, des ruptures dérangeantes, des prises de distance, l’actualité d’événements passés vécus de manière individuelle et/ou collective. Ces voix constituent dans leur ensemble un fil narratif, décrit ainsi par Cécile Wajsbrot : « une plaine hantée par des consciences et des ombres, un fleuve dont elles remontent le cours, un océan où elles naviguent […]. »

Il sera question, entre autre, de ces problématiques et il semble possible de rassembler ces textes en prose en une unité thématique, que l’on pourrait retrouver dans le concept « d’écriture migrante » témoignant des migrations sociales, géographiques et temporelles. « Migration » (lat. migratio) signifie dans ce cas un mouvement : transition, avancée, transgression et dépassement. Le choix (provisoire) d’ouvrages fait par la conférencière comprend Pas pleurer de Lydie Salvayre (2014; dt. Weine nicht), Gare d’Osnabrück à Jérusalem de Hélène Cixous (2016), Berliner Ensemble (2015) de Cécile Wajsbrot,  dans le contexte d’autres textes contemporains écrits en langue française et portant sur Berlin, Retour à Reims (2007; dt. Rückkehr nach Reims) de Didier Éribon, En finir avec Eddy Bellegueule (2014; dt.: Das Ende von Eddy) d’Édouard Louis , ainsi que Ecrits pour la parole (2012) de Leonora Miano.

Margarete Zimmermann est romaniste, spécialiste d’études culturelles et traductrice. Elle a été professeur à l’Université de Münster, l’Université de Trèves, l’Université de Gießen, la Technische Universität et la Freie Universität de Berlin, ainsi qu’à l’ENS de Lyon. Elle a également dirigé le Frankreich-Zentrum de la Freie Universität de 2008 à 2014. Elle a été récompensée par le prix Margherita von Brentano de la Freie Universität en 1996, et est devenue Chevalier de la légion d’honneur en 2010. Ses spécialités en matière de recherche sont : Boccace, Christine de Pizan, la querelle des femmes en Europe, l’Éoque moderne, la culture des salons aux XVIème et XVIIème siècles, les questions de transferts culturels et la littérature française des XXème et XXIème siècles. Elle a notamment publié : (publication avec Roswitha Böhm) Du Silence à la Voix - Studien zum Werk von Cécile Wajsbrot (2010);  Après le Mur. Berlin dans la littérature francophone (2014), des écrits sur Marie Darrieussecq, Annie Ernaux, Cécile Wajsbrot, Marie NDiaye, Shumona Sinha, ainsi que sur la littérature française portant sur le Berlin d’après 1989 ; également des écrits portant sur les artistes Sonia Delaunay et Jeanne Mammen. Margarete Zimmerman prépare actuellement une monographie sur Sonia Delaunay et l’Allemagne. 

Dans le cadre de Francfort en français - France invitée d'honneur à la Foire du Livre de Francfort 2017